( AFP / MARCO BERTORELLO )
La banque italienne UniCredit a annoncé jeudi que la Banque centrale européenne (BCE) avait autorisé son rachat de la banque allemande Commerzbank, précisant que les dernières étapes réglementaires doivent être franchies d'ici la fin de l'année.
"Cette décision marque une étape importante dans le processus d'acquisition de Commerzbank par UniCredit, soulignant l'évaluation positive de l'opération par la BCE", a indiqué UniCredit dans un communiqué de presse.
UniCredit a fait irruption en septembre 2024 dans le capital de Commerzbank à la faveur d'une vente partielle de la participation de l'État allemand au capital, puis est parvenu à en détenir près de 50 % à l'issue d'une offre publique d'échange lancée en mai, malgré l'opposition résolue de la direction et des salariés de l'établissement, ainsi que de l'Etat allemand.
UniCredit a indiqué jeudi avoir reçu l’autorisation de la BCE "d'augmenter encore sa participation" au capital de Commerzbank "sans limite supérieure".
À ce stade, "UniCredit détiendra environ 50 % des droits de vote de Commerzbank et sera en mesure de prendre le contrôle de la banque", a-t-elle encore précisé.
En rachetant Commerzbank, valorisée à 35 milliards d’euros, UniCredit prévoit de consolider son statut de poids lourd européen. L'opération devrait lui permettre de fusionner Commerzbank avec sa filiale allemande HypoVereinsbank, acquise en 2005.
Berlin avait longtemps dénoncé l'approche d'UniCredit, jugée agressive, après l'entrée surprise du groupe italien au capital de la banque allemande en septembre 2024.
Berlin estime conserver un moyen de pression grâce aux deux sièges dont l'État dispose au conseil de surveillance de la banque, en vertu des accords datant de son sauvetage pendant la crise financière de 2008.
L'État fédéral, en tant qu'actionnaire de Commerzbank à hauteur de 12 %, doit continuer à disposer de ces deux représentants", avait déclaré le ministère allemand des Finances en septembre dernier, à l'issue d'un entretien en tête-à-tête entre Lars Klingbeil et le patron de la banque italienne, Andrea Orcel.
Autre attente du ministre : Commerzbank doit demeurer "une société anonyme cotée en Bourse ayant son siège à Francfort" et poursuivre "son activité solide auprès des PME, en Allemagne comme à l'international".
Plus tôt en septembre, la patronne de Commerzbank, Bettina Orlopp, avait appelé à ne pas "faire capoter" les discussions qui démarrent avec UniCredit, actant la nouvelle donne de la prise de contrôle hostile de la banque allemande par son rival italien.
Les responsables européens multiplient les appels à une plus grande intégration dans le secteur bancaire, estimant que la fragmentation persistante au sein de l'Union européenne nuit à la compétitivité du marché intérieur.
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